Pascal Terrasse, député et président du Conseil général de l’Ardèche, Yves Chastan, sénateur-maire de Privas, et Hervé Saulignac, vice-président du Conseil régional Rhône-Alpes, conseiller général du canton de Privas, déplorent les doubles discours du Gouvernement, et de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en particulier.
Le 26 janvier dernier, à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Enseignement supérieur promettait que « l’avenir des pôles universitaires de proximité [IUFM] » était « assuré ». En réalité, il n’en est rien, puisque le président de l’Université grenobloise Joseph Fourier, en réponse à des courriers de Pascal Terrasse et d’Yves Chastan, vient d’annoncer, dans une lettre datée du 9 février, le caractère « inévitable » de la fermeture du site IUFM de Privas. Faute d’un engagement financier conséquent de la part du Gouvernement et en raison d’une réforme bâclée de la formation et du recrutement des enseignants, l’IUFM de Privas pourrait être le premier établissement de formation des maîtres à fermer, et ce, en dépit des promesses de la ministre de l’Enseignement supérieur.
Alors que le Gouvernement, dans le cadre de ses Assises des territoires ruraux, s’était engagé à soutenir la ruralité en veillant, notamment, à « répondre aux besoins et attentes des habitants, notamment en termes d’accès aux services et aux commerces », l’Ardèche et les Ardéchois font l’expérience et les frais du caractère uniquement électoraliste de ce discours.
Yves Chastan, préoccupé par l’incidence que la suppression du site privadois comporterait, notamment sur l’économie locale comme sur la vie culturelle de la Ville-Préfecture, a pris les devants, depuis plusieurs mois, en interpellant et en réunissant les élus locaux et les directions de l’IUFM et de l’Université Joseph Fourier. « Très attaché au maintien de l’IUFM sur Privas », le sénateur-maire va à nouveau interpeller, dans les heures à venir, la ministre de l’Enseignement supérieur à ce sujet.
De son côté, Pascal Terrasse a régit en annonçant que « la disparition du site de Privas comme pôle d’enseignement supérieur, remettrait en cause une grande partie de l’engagement financier du Conseil général de l’Ardèche envers l’Agence de développement universitaire Drôme-Ardèche (ADUDA) » chargée depuis plusieurs années du développement de l’Enseignement supérieur en Drôme-Ardèche. « On ne peut, un jour, nous promettre de tout faire pour soutenir et dynamiser les territoires ruraux, et, le lendemain, annoncer la fermeture de l’IUFM de Privas ! L’établissement a formé des centaines d’enseignants en Ardèche. Je ne peux accepter ce double discours du Gouvernement, qui contribue, une fois de plus, à vider les départements ruraux, pour des motifs purement économiques et en contradiction totale avec le travail acharné des élus locaux depuis des années et les besoins réels d’enseignants en Ardèche ».
Hervé Saulignac tient à rappeler que l’IUFM, présent sur le canton de Privas depuis de nombreuses années, avait fait l’objet d’importants travaux financés par le Conseil général de l’Ardèche, propriétaire des locaux. « Or, au mépris de ces engagements et alors même qu’elle avait promis, je cite, que "les élus" seraient "associés à la réalisation des schémas directeurs académiques de la formation des maîtres élaborés par les recteurs", Valérie Pécresse n’a pas tenu sa promesse puisqu’aucun élu local n’a été associé à aucun schéma. Au final, la ministre et le Rectorat se fichent bien de l’Ardèche, des Ardéchois et de son IUFM. »
Aux côtés du personnel, des enseignants et des acteurs locaux consternés par cette annonce aussi incohérente qu’incompréhensible, Pascal Terrasse, Yves Chastan et Hervé Saulignac s’engagent à tout faire pour sauvegarder l’IUFM et maintenir une structure d’enseignement supérieur indispensable pour le département de l’Ardèche et la ville de Privas, déjà fortement touchée par la Réforme générale des politiques publiques (RGPP) sur divers services publics d’Etat implantés sur la Ville-Préfecture